06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Liberté, je transpire ton nom

 

A la base de loisirs de Saint-Quentin en Yvelines, la plus grande de la région Ile de France, loin du bruit, on y vient respirer les espaces verts, se détendre au pied du généreux
lac et se perdre au milieu de ce bois qui mène jusqu’aux activités de canoë.

Georges, Anne, et Guy participent  au stage de maniabilité qui organise des exercices de forme physique à vélo, des randonnées de VTT, mais aussi des tracés de randonnée de vélo « initié » pour les fins connaisseurs et des parcours « découverte » pour les moins habitués.  Avec les sept autres participants, ce dimanche 21 octobre, la matinée commence avec quelques échauffements. Au programme, des activités ludiques, deux par deux, chacun doit tenir le guidon de son binôme, le tout en gardant son équilibre. La bonne humeur est au rendez-vous, la forme physique aussi.

Georges est l’« initié » du groupe, il donne le ton et seconde parfois Régis le moniteur,  il pratique le cyclisme depuis une soixantaine d’années. Guy, aime rappeler quelques vers de poésie, au milieu de deux randonnées à VTT.  Anne est la seule femme du groupe, elle s’impose dans un milieu sportif et masculin qu’elle dit complétement sien. Elle est une toute jeune apprentie. Toute jeune de … 76 ans.  Et pour cause, ce stage de maniabilité est réservé aux séniors.  Ici on préfère parler, non sans autodérision  de mamie et de papy-bécane.

Chacun est en uniforme de cyclisme, le nom des participants est inscrit sur le veston de cyclisme. En uniforme, Georges, s’éprend d’un Robert Marchant, ce cycliste centenaire aux performances surprenantes, devenu le plus rapide du monde sur 100 km.  « Nous on [ne] veut pas passer aux 20 heures, mais Robert Marchant nous a bluffé » ajoute-t-il en riant, pris par deux gourdes entre les mains.

Mais pourquoi faire du vélo à pareil âge ? Loin de Dorian Gray et ses méthodes disgracieuses et déroutantes à conserver ses plus belles années,  chacun ici est persuadé d’avoir trouvé le secret de l’éternelle jeunesse, une sorte de secret de fraîcheur aux arômes naturels et gratuits dont tout le monde peut profiter. Anne, 76 ans, retrouve une vitalité, elle a commencé le cyclisme il y a tout juste trois ans. Elle avait la pratique du vélo mais pas la régularité. Depuis qu’elle a entendu parler de ces stages de  maniabilité, elle ne se sépare plus des conseils de Régis le moniteur. « Moi je veux dépendre de personne, et la maison de retraité c’est peut-être la prison dorée, mais c’est la prison comme même ! » à 76 ans, elle soutient l’autonomie au maximum des personnes âgées. Chaque dimanche, Guy le poète, vient aussi, chercher une expérience humaine. « Ici on se fait des amis, parfois on se voit la semaine, on garde contact ». A soixante-dix ans, on vit aussi de belles années. Guy nous l’affirme, avec assurance il a encore de belles années devant lui.

Tout bien considéré, c’est le gain d’une liberté qui se dégage, une autonomie retrouvée, une dépendance reconquise.  Un Georges athlète, une Anne forte, ou un Guy poète, du haut de leur 76, 78 ou 81 printemps, étés, automnes, hivers, bougies, balais, berges, arrière-saisons, années sur cette terre, ils transpirent tous son nom,  sur leur santé revenue, sur le risque disparu. Et par le pouvoir d’un mot, il recommence leur vie, ils sont tous nés pour la connaître et pour la nommer : Liberté.

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