06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Moi, président de la république, je repenserai le Service Civique

« Un engagement citoyen reconnu et valorisé, avec l’opportunité de se rendre utile et de faire bouger la société. » Voilà comment Martin Hirsch, président de L’Agence du Service Civique (ASG) résume l’engagement du service civique. L’idée, ancienne, a été réactualisée en 2010, cette même année il a réuni 10 000 jeunes, selon le site internet de l’ASG. Régulièrement la ville de Paris lance des appels à une future jeunesse engagée.

La rencontre d’Audrey et de Samia, deux volontaires en service civique au sein de l’Association de la Fondation Etudiante pour la ville (AFEV), interroge les limites du service civique. L’AFEV est une association étudiante qui propose de repenser l’aide des enfants en difficultés scolaires par un accompagnement à la scolarité à travers l’ouverture culturelle. Au sein de l’association, Samia, est chargée de communication ; Audrey, quant à elle, est chargée de développer le partenariat culturel. Diplômée de l’école du Louvre, elle est à la recherche d’un emploi, et prend cette année d’engagement comme une parcelle vers la vie professionnelle. Samia est étudiante en communication, pour elle c’est d’avantage une sorte de stage et une belle expérience.

Le travail est enrichissant et intense, tellement intense qu’il en devient malaisé. «J’ai toujours travaillé 24 heures par semaine les années précédentes, mais ailleurs quand le contrat dit 24 heures par semaine et bien c’est 24 heures par semaines, » se plaint Audrey. Le travail sous-entend des responsabilités, ce qui est une réelle opportunité pour décrocher une solide expérience mais les responsabilités ont aussi leur lot de surprise. Les heures supplémentaires ne se cachent non très loin, et il est parfois difficile de les récupérer. Cette année, les derniers mois de l’année arrivant, les volontaires, ont laissé passer nombre de jours de congé et d’heures supplémentaires. Audrey explique que « l’année dernière, l’équipe de volontaires est partie presque un mois avant la fin du contrat pour compenser tout ce qu’ils avaient perdu. C’est un peu vache, mais bon… » Samia continue sur cette ligne « On a des responsabilités, et on est gêné de refuser un rendez-vous, on a l’impression de faillir à notre mission, alors on accepte ».  Le statut du volontaire est entre le statut salarié et celui du bénévole. L’équilibre est parfois difficile à tenir, certains se compareraient bien aux stagiaires mais Martin Hirsch s’en refuse. Audrey confie qu’elle « a un peu l’impression de faire autant de travail d’un salarié et de le faire en tant que bénévole ».

Toutefois, toutes ces difficultés sont loin d’être passées sous silence par le président de l’ASC. Lors du forum national des associations étudiantes à la Villette où se sont réunis 15 000 responsables d’associations étudiantes, Martin Hirsch est intervenue dans le cadre d’une rencontre avec ceux qui vivent cet engagement. L’animation « si j’étais président » était organisée en sa présence. En pleine campagne présidentielle, en mars 2012, chacun des participants de la salle est invité à s’improviser candidat à la présidentielle et à émettre son programme en vue d’une amélioration de l’ASC. Les limites du projet sont reconnues et débattues dans une ambiance réfléchie et agréable. Timidement, une jeune fille, assise au premier rang se lève, et expose le problème de la somation des études avec l’engagement. Samia, elle aussi, s’est vue toute l’année en difficultés face à la charge de travail. « Les premiers mois, à la fac j’étais à l’AFEV et à l’AFEV j’étais à la fac, puis vers les derniers mois j’étais tout le temps à l’AFEV, dans ma tête je veux dire » s’amuse l’étudiante en communication. Toutefois, le fondateur de l’agence du service civique est catégorique sur la question « je me suis toujours prononcé contre la continuation des études durant l’année d’engagement, cette année est une année dont l’engagement doit être complet ».  Une autre personne se lève, membre d’Unis-cité, l’association en France qui recrute le plus de volontaires, et expose le manque de reconnaissance de l’engagement civique. «On est obligé de tout réexpliquer, personne ne sait ce que c’est ! » s’indigne gentiment le volontaire. Martin Hirsch, s’en défend « les grandes écoles le reconnaisse, d’autres le recommande comme la Haute Ecole de Commerce » et puis, il faut dire que le service tel qu’on le connait aujourd’hui n’existe que depuis deux ans, laissons-lui le temps d’exister.

En dernier pont, Martin Hirsch, engage lui-même la question de la rémunération qui s’élève à 550 euros environ «si des jeunes entreprennent l’engagement pour la rémunération, ça ne me pose aucun problème, on peut venir découvrir l’engagement aussi, sans pour autant être venu au service civique pour l’engagement ». En revanche, une volontaire s’empresse d’intervenir pour faire entendre sa voix « si on voulait se faire de l’argent on irait travailler comme caissière et on gagnerait le SMIC ». A ces paroles, la salle applaudie, Mr Hirsch sourie, il est déjà l’heure de rendre la salle au débat suivant, visiblement les volontaires ont eu le dernier mot.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Lesinsoumis |
Coque iPhone Pas Cher |
Reentable |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Khalifadieye
| Emploicalvados
| Cuibackdeda